martes, 21 de mayo de 2013

"Poesía" de Raymond Radiguet

Por su amor ennegrecer los muros,
Es muy diferente en la ciudad;
Con frecuencia los muros siendo de vidrio
A los patinadores provoca envidia
Pero no se contenta con mis versos;
Solos los ladrones son lo suficiente ricos
Para inscribir sobre la vidriera
El nombre de sus bien amadas
Que tu diamante, Poesía,
Una de esas vidireras raya,
Charlatanes aros,
Compro o robo el silencio

Para adornar rosas lóbulos.
Patinador, el hielo se rompió
(En bella inglesa copiada,
Mi poesía, con sus pies).

***
"Poésie"
 
De son amour noicir les murs, 
C’est très difficile à la ville ; 
Souvent les murs étant de verre 
Aux patineurs je porte envie 
Mais me contente de mes vers ; 
Seuls les voleurs sont assez riches 
Pour inscrire sur la vitrine 
Le prénom de leur bien-aimée. 
Que ton diamant, Poésie, 
Une de ces vitrines raye, 
Des bavardes boucles d’oreilles, 
J’achète ou vole le silence 

Pour en orner de roses lobes. 
Patineur, la glace est rompue 
(En belle anglaise copiée, 
Ma poésie, avec ses pieds).

"La tumba" de Albert Lozeau

Por haber contemplado demasiado tiempo tus pupilas,
Contraí el amargo lamento de estar ausente de ellas,
Y tengo la nostalgia extraña de un exilio
Del cual mi mente no había sospechado el día.
No iré a dormir bajo la fúnebre piedra:
¡Desde siempre, tengo por sudario tus párpados!
Estoy acostado, entre otros silenciosos,
En la negra tumba del olvido que me cavaron tus ojos...

***
Le tombeau"
 
Pour avoir contemplé trop longtemps vos prunelles,
J'ai contracte l'amer regret d'être absent d'elles,
Et j'ai la nostalgie étrange d'un séjour
Dont mon esprit n'avait pas soupçonné le jour.
Je n'irai pas dormir sous la funèbre pierre:
Depuis toujours, j'ai pour linceul votre paupière!
Je suis couché, parmi d'autres silencieux,
Au noir tombeau d'oubli que m'ont creusé vos yeux...

lunes, 20 de mayo de 2013

"Desobediencia" de Charles Cros

Vivir tranquilo en su casa,
Virtuoso teniendo mucha razón,
Vale tanto beber veneno.

No quiero la enfermedad
Mi orgullo no está enfriado,
Escucho la joven melodía.

Escucho el ruido del agua que corre,
Escucho rugir la tormenta pesada,
El arte es extenso y el tiempo es corto.

Mejor, ya que hay duraznos,
Vino fresco y niñas frescas,
El incendio y sus pavesas.

Nacen niñas, nacen niños.
Se vive cantando canciones,
Se muere tomando bebidas.

***
"Insoumission"

Vivre tranquille en sa maison,
Vertueux ayant bien raison,
Vaut autant boire du poison.

Je ne veux pas de maladie,
Ma fierté n'est pas refroidie,
J'entends la jeune mélodie.

J'entends le bruit de l'eau qui court,
J'entends gronder l'orage lourd,
L'art est long et le temps est court.

Tant mieux, puisqu'il y a des pêches,
Du vin frais et des filles fraîches,
Et l'incendie et ses flammèches.

On naît filles, on naît garçons.
On vit en chantant des chansons,
On meurt en buvant des boissons.

"Canción de otoño" de Jules Laforgue

He aquí que viene el otoño de chaparrones sombríos
Ahogando al verano banal bendido de los enamorados
Que estúpidos y lengos van por los caminos vacíos
Complotando el heredero de sus sucias neurosis.

Adiós, lilas, trigos de oro, polvo, vestidos rosas.
En el hastío desolado de los órganos dolorosos,
Cerca del fuego atizado por los lamentos de los días felices,
Conocemos la tristeza incurable de las cosas...

¡Gozar! ¡Gloria inmortal! ¡Oh tiempos!
¡Hastío! ¡Gloria! Amor, plata.

¡Clarines estridentes,
Héroes desnudos y bellos
al asalto del olimpo ardiente de la Ilíada!
¡Oh, por qué nací en este siglo tan triste,
Por qué nací aquí!
¿El Universo lo sabe?
¡Oh, si tuviera un motivo!
¡Amar! ¡Vivir! ¡Gozar!
¿Mi vida es ella un sueño?
¡Existe! ¿Es verdad?
¡Gloria! ¡Amar! ¡Agotar mi única vida!

*** 
"Chanson d'automne"

Voici venir l'automne aux averses moroses
Noyant l'été banal béni des amoureux
Qui stupides et lents vont par les chemins creux
Complotant l'héritier de leurs sales névroses.


Adieu lilas, blés d'or, poussière, robes roses.
Dans le spleen désolé des orgues douloureux,
Prés du feu tisonnant aux regrets des jours heureux,
Nous sauvons la tristesse incurable des choses...

 
Jouir ! Gloire immortelle ! - O temps !
Spleen ! Gloire ! Amour, argent.

 
              Des clairons éclatants,
              Des héros nus et beaux
A l'assaut de l'olympe ardent de l'Iliade !
Oh ! Pourquoi suis-je né dans ce siècle si triste,
              Pourquoi suis-je ici bas !
              L'Univers le sait-il?
              Oh ! Si j'avais un but !
              Aimer ! Vivre ! Jouir !
              Ma vie est-elle un rêve?
              J'existe !- Est-ce bien vrai?
Gloire ! Aimer ! Epuiser ma vie unique !

domingo, 19 de mayo de 2013

"IV" de Jean Moréas

Caminaban sobre las flores al borde de la ruta,
Y el viento del otoño los sacude tan fuerte, además.

El coche del correo atropelló a la vieja cruz al borde de la ruta,
Estaba realmente tan podrida, además.

El idiota (vos sabés) se murió al borde de la ruta.
Y nadie lo llorará, además.

***
"IV"

On a marché sur les fleurs au bord de la route,
Et le vent d’automne les secoue si fort, en outre.

La malle-poste a renversé la vieille croix au bord de la route,
Elle était vraiment si pourrie, en outre.

L’idiot (tu sais) est mort au bord de la route.
Et personne ne le pleurera, en outre.

"El sapo" de Tristan Corbière

Un canto en la noche sin aire...
— La luna placa de metal claro
Los recortes de verde sombrío.

... Un canto, como un eco, muy vivo
Enterrado, allá, bajo el macizo...
— Se calla. Vengan, allá, en la sombra...

— ¡Un sapo! — ¡Por qué este miedo,
Cerca de mí, tu soldado fiel!
Velo, poeta rapado, sin alas,
Ruiseñor del barro... — ¡Horror!

.... Canta. — ¡Horror! — ¿Horror por qué?
No ves su ojo de luz...
No, él se va, frío, bajo su piedra.
.................................................
Buenas noches, ese sapo allá soy yo.

***
"Le crapeau"

Un chant dans une nuit sans air...
— La lune plaque en métal clair
Les découpures de vert sombre.

… Un chant ; comme un écho, tout vif
Enterré, là, sous le massif…
— Ça se tait : Viens, c’est là, dans l’ombre…

— Un crapaud ! — Pourquoi cette peur,
Près de moi, ton soldat fidèle !
Vois-le, poète tondu, sans aile,
Rossignol de la boue… — Horreur ! —

… Il chante. — Horreur !! — Horreur pourquoi ?
Vois-tu pas son œil de lumière…
Non : il s’en va, froid, sous sa pierre.

....................................................
Bonsoir — ce crapaud-là c’est moi.

sábado, 18 de mayo de 2013

"Clotilde" de Guillaume Apollinaire

La anémona y la aguileña
crecieron en el jardín
donde duerme la melancolía
entre el amor y el desdén.

Vienen también nuestras sombras
a la que la noche disipará
el sol que las vuelve sombrías
con ellas desaparecerá.

Las deidades de las aguas vivas
dejan correr sus largos cabellos
paso es necesario que sigas
a esta bella sombra que quieres.

***
"Clotilde"

L'anémone et l'ancolie
ont poussé dans le jardin
où dort la mélancolie
entre l'amour et le dédain

Il y vient aussi nos ombres
que la nuit dissipera
le soleil qui les rends sombre
avec elles disparaîtra

les déités des eaux vives
laissent couler leur longs cheveux
passe il faut que tu poursuives
cette belle ombre que tu veux

"El desorden" de Jean Grosjean

Con el poco tiempo que se me asignó
poco me importa el desorden que crea
el orden del zafarrancho. Perdida por anticipado
cada batalla. Admiren la mala suerte,
la estación apagada y los trenes descarrilados,
los puentes perdidas sobre los astros ahogados.
La nube se hunde donde se posan los dioses.
Nuestro porvenir es mucho más antiguo que ellos.

***
"Le désordre"

Avec ce peu de temps qui m'est alloué
peu me soucie le désordre que crée
l'ordre de branle-bas. Perdue d'avance
chaque bataille. Admirez la malchance,
la gare éteinte et les trains déraillés,
les ponts pendus sur les astres noyés.
La nue s'effondre où se perchaient les dieux.
Notre avenir est bien plus ancien qu'eux.

martes, 14 de mayo de 2013

"El mundo inmóvil" de Jean Tardieu

Pozo de tinieblas
fuente sorda
lago sin estampido

presencia espesa
golpeteo débil
el instante está allá

nada ni nadie
una sombra pesada
y que se calla

espero siglos
nada resuena
nada aparece

sobre esta tumba
el espacio se mueve
es mi idea

para ninguna mirada
para ninguna oreja
la verdad

***


“Le monde immobile”

Puits de ténèbres
fontaine sourde
lac sans éclat

présence épaisse
battement faible
l’instant est là

rien ni personne
une ombre lourde
et qui se tait

j’attends des siècles
rien ne résonne
rien n’apparaît

sur ce tombeau
l’espace bouge
c’est ma pensée

pour nul regard
pour nulle oreille
la vérité.

domingo, 12 de mayo de 2013

"En un cocktail color tango" de Robert Desnos

En un cocktail color tango
bebía los ojos de mi amada:
uno es verde el otro ciruela,
bebía los ojos de Margot.

Margot mi sueño, al ritmo de un tango,
pisó la imagen frágil,
sus ojos de colores rebeldes
turbios por mi soplete.

El divino cocktel de mis lágrimas,
en una bella noche en Mónaco,
oh hadas mediterráneas,
bebía al sol de un tango.

***
"Dans un cocktail couleur tango"

Dans un cocktail couleur tango
je buvais les yeux de ma belle :
l’un est vert l’autre mirabelle,
je buvais les yeux de Margot.

Margot mon rêve, au pas d’un tango,
a piétiné l’image frêle,
ses yeux aux couleurs rebelles
troublés par mon chalumeau.

Le divin cocktail de mes larmes,
par un beau soir à Monaco,
Ô fées Méditerranéennes,
Je l’ai bu au son d’un tango.